L’incontinence urinaire chez les patients atteints de sclérose en plaques.

L’incontinence urinaire chez les patients atteints de sclérose en plaques.

Trois quarts des personnes atteintes de sclérose en plaques sont confrontées au besoin urgent d’uriner en raison d’une hyperactivité de la vessie.

Pourtant lorsque l’on parle de la sclérose en plaques et d’incontinence urinaire, on constate que le sujet reste tabou. Ces troubles urinaires sont le plus souvent liés à l’existence de plaques de démyélinisation touchant les voies neurologiques qui contrôlent le fonctionnement de la vessie.

Qu’est-ce que l’incontinence urinaire ?

D’abord, l’incontinence urinaire, les troubles urinaires ou encore la perte involontaire d’urine, sont des termes qui regroupent l’incapacité qu’une personne a de contrôler sa miction (l’action d’uriner).

Il existe 7 types d’incontinence urinaire :

  • Incontinence urinaire d’effort  : elle est présente lors d’effort physique, la personne a des fuites urinaires dès qu’elle produit un effort. 
  • Incontinence urinaire par impériosité  : c’est le cas de la sclérose en plaques. C’est le besoin urgent d’uriner.
  • Incontinence urinaire Mixte  : elle additionne les fuites urinaires à l’effort et le besoin urgent d’uriner.
  • Incontinence urinaire par regorgement  : c’est lorsque la vessie ne peut pas se vider entièrement et qu’elle se remplit graduellement d’urine résiduelle.
  • Les troubles de la vessie en raison d’une maladie neurologique  : ils sont présents lors de pathologies cérébrales, de la moëlle épinière ou des nerfs, un traumatisme crânien, un Accident Vasculaire Cérébrale (AVC), la sclérose en plaques et la maladie de Parkinson.
  • Les pertes urinaires post-miction  :  ce sont des pertes involontaires d’urine immédiatement après avoir fini d’uriner. Elles se produisent lorsqu’il reste de l’urine dans l’urètre après la miction.
  • Incontinence urinaire fonctionnelle  : c’est lorsqu’on est dans l’incapacité d’aller uriner pour des raisons telles que des problèmes de vue, une déficience intellectuelle et cognitive, un handicap qui touche la mobilité.

Pour consulter l’article ” L’incontinence urinaire chez l’adultecliquez ici >>

Qu’est-ce que la Sclérose En Plaques ou SEP  ?

Le système immunitaire attaque la gaine de myéline

Tout d’abord il faut dire que la sclérose en plaques, est une maladie chronique invalidante et incurable du système nerveux. On parle de sclérose en plaques lorsque le système immunitaire s’attaque à la gaine de myéline.

L’incontinence urinaire chez les patients atteints de sclérose en plaques.

À savoir que la gaine de myéline est une membrane qui isole et protège certaines fibres nerveuses. Il suffit de prendre pour exemple une gaine qui protège les fils électriques et assure la bonne circulation de l’électricité. Si bien que la myéline assure la transmission rapide de l’information entre le cerveau ou la moelle épinière et le reste du corps.

Lorsque la gaine de myéline est attaquée (démyélisation) par le système immunitaire, des lésions nerveuses apparaissent et viennent perturber la communication entre le cerveau et le corps.

Ainsi donc, les informations passent beaucoup plus difficilement et de nombreux symptômes apparaissent.

Quels sont les symptômes la sclérose en plaques  ?

Bien que nombreux, les symptômes de la sclérose en plaques varient d’une personne à l’autre. Ils varient en fonction du temps (poussées de la maladie – nouvelles inflammations qui font apparaitre de nouveaux symptômes) selon la localisation des fibres nerveuses démyélisées.

En tout premier lieu, les symptômes de la SEP sont souvent des petits picotements, des engourdissements, des douleurs, des brûlures et des démangeaisons.

En fait, ils sont fréquemment localisés dans les bras, les jambes, le tronc ou le visage. Certaines personnes ont une diminution du sens du toucher. D’autant que à cela s’ajoutent la perte d’énergie et de dextérité dans une jambe ou une main (parfois avec raidissement). On constate également des problèmes de vison.

Au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, les malades sont confrontés à des symptômes tardifs. Et la progression de la maladie peut entrainer des conséquences sur la mobilité. En fait, les mouvements deviennent incertains et irrégulier (parfois inefficaces). Notons que la faiblesse musculaire et les contractions musculaires involontaires (la spasticité) peuvent rendre la marche plus difficile voir impossible.

La sclérose en plaques peut aussi impacter le langage, la pensée et les émotions. D’ailleurs, dans ces cas, l’expression orale peut être plus lente, pâteuse et fort hésitante. En tout cas, il n’est pas rare de constater des difficultés de contrôler les réponses émotionnelles des personnes atteintes de SEP. Effectivement, elles peuvent passer rapidement du rire aux larmes et peu à peu, glisser vers une dépression et, dans de très rares cas, la démence.

Enfin, la sclérose en plaques peut altérer fortement l’action des nerfs liés à l’appareil urinaire et/ou digestifs dont les conséquences peuvent être des problèmes de contrôle de la miction (fuites urinaires, rétention urinaire) et de la défécation (constipation, défécation involontaire).

Les différents types de sclérose en plaques.

Il faut souligner que la sclérose en plaques peut se présenter sous diverses formes. Cela dit ces formes dépendent de la progression de la maladie et des poussées. Globalement, la sclérose en plaque se définit en trois types.

  • La sclérose en plaques récurrente-rémittente (SEP-RR)  : Elle touche 80 à 85 % des patients et se caractérise par des poussées aiguës et des périodes sans aucun symptômes (la rémission complète) ou des symptômes partiels. Dans ces cas, le handicap ne progresse pas entre les poussées.
  • La forme secondairement progressive de la sclérose en plaques  : Cette forme apparaît chez les personnes après les 5 à 20 ans qui suivent l’apparition des premiers symptômes. Elle concerne 50 % des cas et elle se caractérise par une évolution de la maladie avec des poussées ou sans aucune poussée. Dans ces cas, le handicap évolue.
  • La sclérose en plaques progressive-primaire (SEP-PP)  : Bien plus rare que les deux premières formes, la sclérose en plaques progressive-primaire touche 10 à 15 % des cas. Son évolution est rapide et de nouveaux symptômes apparaissent rapidement. Cette forme est très handicapante.

Pour consulter le site de l’INSERM sur la Sclérose En Plaques (SEP) cliquez ici >>

L’incontinence urinaire associée à la sclérose en plaques.

Comme nous l’avons expliqué précédemment, la sclérose en plaques est une pathologie qui altère la fonction de la gaine de myéline. C’est la raison pour laquelle le flux des informations allant du cerveaux vers le corps et ses organes est modifié. De ce fait, cette incontinence urinaire peut concerner jusqu’à 90 % des personnes atteintes de sclérose en plaques.

L’incontinence urinaire chez les patients atteints de sclérose en plaques.

Lorsque l’on a besoin d’aller urine, la vessie envoie des signes au cerveau pour lui faire savoir qu’elle est distendue (la sensation d’une vessie pleine d’urine) et qu’il serait bien d’activer le sphincter urinaire (muscle qui contrôle l’évacuation des urines) pour vider la vessie et ne plus ressentir cette sensation.

En réalité, dans le cas de la sclérose en plaques, ce message d’alerte ne fonctionne plus très bien. Parce que le flux d’information entre la vessie, le cerveau et le sphincter urinaire est altérer. C’est pour cette raison que pour la SEP, on parle d’incontinence urinaire par fuite ou par rétention d’urine.

Quels sont les types d’incontinence urinaire chez les personnes atteintes de sclérose en plaques  ?

Il existe trois types d’incontinence urinaire qui touche directement les personnes atteintes de sclérose en plaques :

  • L’hyperactivité vésicale  : C’est l’envie d’aller très fréquemment uriner. Elle est présente lorsque la vessie est trop sensible ou irritée. Elle est alors hyperactive (anormalement active) et génère l’envie d’aller uriner même lorsque la vessie contient très peu d’urine.
  • La dysurie  : C’est la difficulté d’urine. Dans le cas de la sclérose en plaques, c’est le ralentissement de l’action d’uriner en raison de la diminution de la sensibilité de la vessie. Il faut pousser fort pour uriner sans cela, on parle de rétention d’urine.
  • La dyssynergie vésico-sphinctérienne  : c’est la difficulté de coordonner la vessie et le sphincter. La sclérose en plaques rend la circulation et la coordination plus lente.

Quels sont les symptômes de l’incontinence urinaire chez les personnes atteintes de sclérose en plaques  ?

Tout d’abord, lors de l’évolution de la SEP, les patients sont confrontés à divers symptômes associés aux troubles urinaires et à l’incontinence. Dans ces symptômes, on retrouve le besoin urgent d’uriner (l’urgenturie), les envies fréquentes d’uriner en journée (la pollakiurie) et la nuit (nycturie), les difficultés d’uriner (la dysurie) et les fuites urinaires qui, progressivement, peuvent se transformer en pertes urinaires.

Comment traite-t-on l’incontinence urinaire dans le cas d’une sclérose en plaques  ?

L’incontinence urinaire ou les troubles urinaires peuvent être traités par des médicament. En effet, leur objectif est de contrôler l’hyperactivité ou le ralentissement de la vessie. Ce sont des traitements qui se prennent par voie orale.

L’incontinence urinaire peut aussi faire l’objet de séance de rééducation périnéale. Il s’agit d’exercices visant à renforcer le périnée pour mieux contrôler la miction. Qu’il s’agisse d’exercices musculaire ou de stimulation électrique, le kinésithérapeute se chargera de votre traitement musculaire.

Enfin, certains patients confrontés à des difficultés d’uriner seront invité à pratiquer l’auto-sondage. Le procédé est simple, il s’agit d’introduire dans le méat urinaire (orifice externe de l’urètre) en suivant l’urètre jusqu’à la vessie d’une sonde afin de faciliter l’évacuation des urines vers l’extérieur. Cela dit, il existe deux types de sondes urinaires  : les sondes urinaires sèches et les sondes urinaires lubrifiées.

Incontinence urinaire et sclérose en plaque : oser en parler à son médecin !

Lorsque l’on est confronté à des pertes urinaires ou à de l’incontinence, il est impératif de consulter un médecin. Quoiqu’il en soit, un généraliste ou un spécialiste vous invitera à réaliser différents examens visant à diagnostiquer vos troubles urinaires.

Qu’il s’agisse d’une échographie pour visualiser sans douleur la vessie et l’appareil urinaire dans sa totalité ou d’un bilan urodynamique pour évaluer les volumes, pressions et débits urinaires, il faut connaître les raisons de cette incontinence.

Pour en savoir plus sur la sclérose en plaques  :

  • L.B.S.P. – Ligue Belge de la Sclérose en Plaque (Belgique)
  • A.F.S.E.P. – Association Française des Sclérosés en Plaques (France)
  • A.P.F. – Association des Paralysés de France – Mission SEP (France)
  • L.F.S.E.P. – Ligue Française contre la Sclérose en Plaques (France)
  • M.S.I.F. – Fédération Internationale de la Sclérose en Plaques