L’incontinence urinaire chez l’adulte.

L’incontinence urinaire chez l’adulte
La France compte deux millions et demi de seniors incontinents.

Une perte involontaire d’urine.

L’incontinence urinaire chez l’adulte se définit par une perte involontaire d’urine. Elle peut avoir une importance variable, de quelques fuites occasionnelles à une incontinence permanente.

Une incontinence apparaît dès lors que la pression qui règne dans la vessie devient supérieure à la résistance des sphincters.

L’incontinence urinaire chez l’adulte  touche environ un tiers des femmes et 15 à 20 % des hommes de plus de 60 ans. Cette grande fréquence s’explique par l’association de plusieurs phénomènes.

Elle touche aussi les enfants. Certains pratiquent l’auto-sondage mais nous reparlerons des enfants dans un autre article.

Avec l’âge, la capacité de la vessie diminue et les contractions vésicales involontaires deviennent plus fréquentes.

L’âge est susceptible d’interférer avec la miction.

De même, certaines affections comme le diabète, l’insuffisance cardiaque et prises médicamenteuses diurétiques, sédatifs, antihypertenseurs, susceptibles d’interférer avec la miction se rencontrent plus souvent avec l’avancée en âge.

Chez les hommes, l’hypertrophie prostatique crée un obstacle sur les voies urinaires et peut générer des fuites par trop-plein de la vessie (incontinence par regorgement).

Après 65 ans, près d’une femme sur deux souffre de fuites urinaires occasionnelles et une sur quatre d’une incontinence permanente.

Cette grande fréquence s’explique par deux spécificités féminines, l’accouchement et la ménopause. La première affaiblit les muscles du plancher périnéal, d’autant plus que le nombre d’enfants mis au monde est important.

La seconde se manifeste par une diminution de la sécrétion des œstrogènes. Cette carence hormonale entraîne une diminution du tonus de la musculature du périnée.

Elle génère aussi une atrophie des muqueuses vaginale et urinaire, source d’irritations locales, voire d’infection, ce qui favorise la survenue de fuites d’urine.

Des mesures préventives pour minimiser les risques d’incontinence.

En conséquence, deux mesures préventives permettent aux femmes de minimiser le risque d’incontinence  : une rééducation périnéale après chaque accouchement et l’instauration d’un traitement hormonal substitutif à la ménopause.

La France compte deux millions et demi de seniors incontinents.

L’incontinence urinaire  : pas une fatalité.

Une situation ressentie comme tellement gênante que moins de la moitié d’entre eux consultent un médecin à ce propos ! Pourtant, les fuites urinaires ne sont ni une fatalité liée à l’âge, ni un mal incurable. Dans près de sept cas sur dix, un traitement permet d’améliorer la situation.

Il existe différents types d’incontinence urinaire  :

  • Soit liée à l’effort. La perte d’urine survient à la suite d’une contraction brutale des muscles abdominaux : tousser, éternuer, rire, changer de position… Ces efforts compriment la vessie et provoquent une fuite d’urine de volume variable ;
  • Consécutive à un besoin impérieux : un besoin pressant de se rendre aux toilettes précède la fuite. Liées le plus souvent à des contractions vésicales involontaires, les mictions se font à intervalles rapprochés, le jour et la nuit. Elles ne peuvent être retardées.
  • Permanente : l’urine s’écoule en continu, sans qu’il soit possible de la retenir.

Le diagnostic est établi par le médecin qui questionne le patient sur les circonstances d’apparition de l’incontinence et son importance.

Un examen de la région périnéale est ensuite effectué. Le bilan peut être complété par une analyse d’urine (ECBU) à la recherche d’une infection, un bilan urodynamique (analyse de la miction et des phénomènes musculaires qui l’accompagnent), une échographie, une urographie intraveineuse, une cystoscopie.

Le traitement est variable selon la cause de l’incontinence  :

  • La rééducation périnéale vise à renforcer les muscles du périnée, par des mouvements de gymnastique ou à l’aide de stimulateurs (petites sondes électriques qui permettent de stimuler les muscles). Cette rééducation est généralement faite chez un kinésithérapeute.
  • Le biofeedback (biorétroaction) a le même objectif. Une sonde est placée dans le vagin ou l’anus et permet de visualiser, sur un écran, les contractions et les relâchements musculaires, donc de mieux les contrôler.
  • La rééducation vésicale consiste à apprendre à retenir sa miction, un peu plus chaque jour. Elle permet d’augmenter progressivement la capacité de la vessie.
  • Les médicaments  : relaxants vésicaux (antispasmodiques) en cas d’hyper contractilité de la vessie, alpha-sympathomimétiques pour renforcer le tonus sphinctérien et relâcher la vessie, œstrogènes par voie orale ou vaginale chez la femme ménopausée.
  • La chirurgie, pour une descente d’organes ou d’un adénome de la prostate. Dans de rares cas, le chirurgien propose l’implantation d’un sphincter artificiel dont on peut contrôler l’ouverture et la fermeture.

Parfois, le recours aux protections est nécessaire. Il existe de nombreux modèles en pharmacie, qui garantissent un confort maximal, pour un encombrement minimal.

Il est préconisé de faire quelques exercices de gymnastique du périnée…

Lors de la miction, essayez d’arrêter vos urines. Ensuite, tentez de les retenir le plus longtemps possible en contractant les muscles du périnée.

Enfin, relâchez-les en laissant passer un peu d’urine, puis recommencez  ! contractez à nouveau et cela une dizaine de fois à chaque miction.

En dehors de la miction, exercez-vous à contracter les muscles périnéaux, comme si vous vouliez retenir vos urines, en alternant une contraction de dix secondes et un relâchement de dix secondes, une vingtaine de fois de suite, deux fois par jour.

Pour en savoir plus :

Stéphanie DEVISSCHER
Rédactrice presse/web