COVID-19 : les patients sous anticoagulants à haut risque durant la pandémie.

L’âge et/ou le mauvais état de santé participent fortement à l’augmentation du risque de développer une forme grave du COVID-19. Et les patients sous anticoagulants sont particulièrement à haut risque.

Depuis mars 2020, nous avons tous été sensibilisés à la pandémie du COVID-19 qui touche la planète. Nous le savons tous, l’âge et/ou le mauvais état de santé participent fortement à l’augmentation du risque de développer une forme grave du COVID-19.

Tout d’abord il faut dire que les patients sous anticoagulants, en plus de vivre cette période anxiogène liée à la COVID-19, sont particulièrement à haut risque.

Atteintes cardiovasculaires et des troubles de la coagulation sanguine en cas de COVID-19.

Comme on pouvait s’y attendre, les personnes infectées par le virus de la COVID-19 risquent de développer des atteintes cardiovasculaires et des troubles de la coagulation sanguine. C’est pourquoi, dans ces troubles, on retrouve  :

  • les embolies artérielles et veineuses  : embolies pulmonaires et Accident Vasculaire Cérébral (AVC),
  • syndrome coronarien aigu (infarctus),
  • atteinte inflammatoire du muscle cardiaque (myocardite),
  • troubles du rythme cardiaque avec risque d’arrêt cardiaque.

Facteurs de risque chez les patients anticoagulés.

En tout cas, au-delà de l’âge et du mauvais état de santé général, on constate qu’il existe des facteurs de risque chez les patients présentant des troubles comme  :

  • l’hypertension artérielle,
  • le diabète,
  • une maladie cardiovasculaire préexistante,
  • l’obésité,
  • le tabagisme.

Il est aussi important de rappeler que les traitements antiviraux utilisés dans le traitement des patients atteints de la COVID-19 dérégulent fortement les traitements anticoagulants. Il est donc évident que les patients anti-coagulés sont à risque majeur dans le cadre de cette pandémie.

Afin de consulter l’article ” Anticoagulants – Mieux connaître sa pathologie pour bien gérer les traitements “ cliquez ici >>

Risques cardiovasculaires élevés  : que faire face au COVID-19  ?

Notons que les personnes présentant des risques cardiovasculaires élevés et les patients cardiaques doivent impérativement augmenter leur vigilance. Aussi bien dans le cadre des contacts qu’elles peuvent avoir avec des personnes extérieures qu’au sein de la bulle familiale. Aussi, elles doivent appliquer à la lettre les règles de base contre la COVID-19  :

  1. Se laver très régulièrement les mains.
  2. Porter un masque chirurgical ou FFP2.
  3. Garder une distance de 1,5 mètres avec toutes les personnes rencontrées.
  4. Limiter au maximum les contacts rapprochés.
  5. Aérer fréquemment les lieux de vie intérieurs.
  6. Pratiquer des activités à l’extérieur  : marche, jogging, vélo …

Qui sont les patients sous anticoagulants particulièrement à risque durant la pandémie de COVID-19 ?

Quoiqu’il en soit, les patients sous-anticoagulants sont particulièrement concernés par la crise actuelle. Dans cette catégorie de malades, on retrouve les patients suivants  :

  • les porteurs de valves cardiaques mécaniques,
  • les personnes en attente de greffe cœur-poumon,
  • les enfants en bas âge,
  • les adolescents avec des anomalies cardiaques,
  • les personnes avec une altération de la fonction rénale qui ne peuvent bénéficier de traitements oraux.

Pour quelles raisons les malades sont-ils plus à risque durant la pandémie de COVID-19  ?

Le risque de développer une forme grave de la COVID-19 est fortement lié à l'état de santé du patient.

Il est à noter que les vagues successives de la pandémie et le nombre important de patients hospitalisés pour ce motif ont amené les autorités belges et françaises à mobiliser les Centres hospitaliers pour assurer la prise en charge en urgence des personnes contaminées par le virus de la COVID-19.

Cela dit, pour assurer une bonne prise en charge de tous les patients se rendant à l’hôpital, de très nombreuses consultations et chirurgies ont été reportées lors de la première vague de la pandémie.

Ensuite, la seconde vague et la troisième vague de la pandémie n’ont pas arrangées les choses. En effet certaines interventions nécessitants le passage en service de réanimation (après une intervention chirurgicale) ont été de nouveau reportées. En fait, seules les interventions ayant un niveau d’urgence élevé ont été maintenues.

Néanmoins, des chercheurs français et belges ont analysées le comportement des patients vis-à-vis des soins de santé durant la pandémie. Ainsi, des récentes études soulignent qu’une personne sur deux a renoncé à se rendre chez son spécialiste. Dans un autre ordre d’idée, neuf patients sur dix n’ont pas été en mesure de bénéficier d’imagerie médicale comme cela était prévu.

Pourquoi les patients sous anticoagulants sont plus particulièrement à risque durant la pandémie de COVID-19  ?

L’âge et/ou le mauvais état de santé participent fortement à l’augmentation du risque de développer une forme grave du COVID-19. Et les patients sous anticoagulants sont particulièrement à haut risque.

Tout d’abord, dans la liste des divers traitements de la coagulation, il existe les anti-vitamines K (AVK).

Mentionnons que les patients traités par anti-vitamines K nécessitent un contrôle de leur niveau d’anticoagulation au moins tous les 15 jours.

Bien sûr, beaucoup d’entre eux utilisent un système d’auto-contrôle à domicile de leur INR*. Mais il reste une catégorie de patients (plus de 10 %) qui se rendent régulièrement à l’hôpital pour contrôler ce niveau. (*INR : International Normalized Ratio – indicateurs de la coagulation sanguine).

Mais les hôpitaux tournent à plein régime pour assurer la prise en charge des patients contaminés par le virus de la Covid-19. D’ailleurs, les consultations se font moins nombreuses et le climat anxiogène freine ces patients à se rendre à l’hôpital. Il faut donc faire le constat alarmant que les patients traités par anti-vitamines K ne sont pas assez régulièrement contrôlés.

Ces patients peu contrôlés risquent, en cas de déséquilibre de leur coagulation, de nécessiter d’un lit en Unité de Soins Intensifs (USI) ou en réanimation.

Quelles serait la solution pour les patients sous anti-vitamines K en période de COVID-19  ?

Considérons par exemple le cas de la France, qui prend en charge depuis 2020 le système d’autocontrôle Coagucheck Inrange® chez des adultes porteurs de valve mécanique cardiaque traités par antivitamine K. C’est la raison pour laquelle la Belgique doit à son tour assurer le remboursement des systèmes d’auto-mesures de l’INR aux patients belges.

En d’autres termes, et nous ne cesserons de le dire, les patients sous anticoagulants doivent avoir droit à un accès facilité aux appareils d’auto-mesures du niveau de leur coagulation sanguine. En fait, la pandémie tant à prouver que les centres hospitaliers ne peuvent assurer la régularité du contrôle de l’INR de l’ensemble des patients qui le nécessitent. Il est donc primordial de former les patients pour faciliter et rendre accessible l’autocontrôle.

Les personnes sous anticoagulants doivent-elles se faire vacciner contre le virus de la COVID-19  ?

Les patients sous anticoagulants sont particulièrement à haut risque durant la pandémie Covid19. La vaccination demeurent la solution afin qu'ils ne développent pas de forme grave de la covid-19.

A l’heure où nous écrivons cet article, il n’existe aucune contre-indication à vacciner les personnes sous anticoagulants dès lors que leur taux de coagulation est équilibré. Alors n’hésitez pas à consulter votre médecin généraliste pour évoquer le sujet de la vaccination  !

En effet, les patients anti-coagulés risquent d’avoir des saignements plus importants et des ecchymoses au niveau de la piqure du vaccin (injection intramusculaire). Mais il n’y a pas de précautions particulières, si ce n’est de maintenir la compresse un peu plus longtemps (5 minutes).

Je me pose beaucoup de questions sur ma situation de patient sous anticoagulants, que dois-faire  ?

À ce jour, la relation que vous entretenez avec votre médecin généraliste est précieuse. Il vous connaît bien et vous avez confiance en lui. Il est donc important de ne pas hésiter à prendre contact avec lui pour toutes les questions médicales que vous vous posez. C’est d’autant plus vrai que beaucoup de fausses informations circulent sur les réseaux sociaux généralistes. Alors, ne perdez pas de temps, appelez-le, prenez rendez-vous et surtout, faites-vous vacciner  !  

Pour en savoir plus…

Afin de rencontrer et discuter avec des personnes qui sont sous traitements d’anticoagulants, nous vous invitons à devenir membre du réseau Stent.care, le réseau numérique destiné aux malades chroniques, au personnes en situation de handicap et à leur entourage.

Pour toutes les autres questions, nos vous invitons à consulter les site internets suivant  :

  • Le Girtac-Vibast   : Association pour la Gestion Individuelle Responsable de son Traitement Anticoagulant. Cette association belge est bilingue Français/Néerlandais – Site web : girtac.be
  • La Société Française de Cardiologie – Site web : sfcardio.fr
  • La Ligue Cardiologique Belge – Site web : liguecardioliga.be
  • L’association France AVC – Site web : franceavc.com
  • La Fédération Française de Cardiologie – Site web : fedecardio.org
  • Cœur & AVC Canada – Site web : coeuretavc.ca