La maladie de Crohn.

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La maladie de Crohn, souvent diagnostiquée chez des sujets jeunes entre 20 et 30 ans, touche aussi bien les femmes que les hommes.

Qu’est-ce que la maladie de Crohn  ?

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire, intermittente ou continue, d’une partie ou de plusieurs parties de l’intestin, c’est-à-dire une inflammation segmentaire de l’intestin grêle. Dans les cas extrêmes, elle peut toucher l’ensemble du tube digestif, y compris la bouche et l’anus.

Cette maladie chronique de l’intestin (MICI), inflammation persistante des parois et des couches profondes du tube digestif, provoque un dérèglement du système immunitaire. On ne connaît pas de causes précises de l’inflammation. Elles sont vraisemblablement multiples, impliquant des facteurs génétiques, auto-immuns et environnementaux.

La fréquence de ma maladie de Crohn en Europe.

En fonction des études, le nombre de nouveaux cas par an pour 100.000 habitants (l’incidence) est très variable. La fréquence de la maladie de Crohn se situe entre 0,7 et 9,8 nouveau cas par an pour 100.000 habitants.

Lorsque l’on analyse le nombre de cas pour 100.000 habitants (la prévalence) sur une période donnée, on constate une variation du nombre de cas de 8,3 à 214 pour 100.000 habitants.

Ainsi, en Europe, il y aurait 850.000 personnes atteintes de la maladie de Crohn dont 20.000 vivent en Belgique et plus de 150.000 en France.

La maladie de Crohn  : des symptômes ordinaires.

De nouveaux cas de maladie de Crohn se déclarent chaque année, tant chez les hommes que chez les femmes.  

La maladie peut se déclencher à tout âge et 15 % des cas concernent des enfants. Les premiers symptômes apparaissent le plus souvent entre 20 et 30 ans.

Les premiers symptômes de la maladie de Crohn sont assez ordinaires et ils conduisent souvent l’équipe médicale à poser un diagnostic qui peut prendre plusieurs mois. Ces symptômes peuvent être classés en trois types  : les symptômes digestifs, les symptômes généraux et les symptômes non digestifs.

  • les symptômes digestifs  :
    • perte d’appétit.
    • Nausées et vomissements.
    • Douleurs abdominales parfois intenses.
    • Diarrhée de plus de 2 semaines aux selles parfois abondantes et liquides.
    • Ecoulement de glaires ou de sang lors du passage aux toilettes.
    • Douleurs à l’anus.
  • les symptômes généraux  :
    • Amaigrissement.
    • Hausse de la température (fièvre).
    • Pâleur  (manque de Vitamine B12 et de Fer provoquant une anémie).
  • les symptômes non digestifs  :
    • Rhumatismes articulaires.
    • Aphtes buccaux.
    • Inflammation de la peau (érythème noueux)

En cas de doute, de questionnement et lors que vous êtes confronté à ce type de symptômes, vous ne devez en aucun cas hésiter à consulter votre médecin généraliste.

Un diagnostic long et tardif.

Pour arriver au diagnostic final, qui peut être long et tardif en raison de la banalité de certains symptômes,  de nombreux examens sont pratiqués  : radiologiques, endoscopiques, proctologiques.

Il est bien sûr évident que l’aspect physique et microscopique de la muqueuse sont évocateurs  !

Les traitements médicamenteux varient selon le patient et la force des poussées. En cas de poussée légère ou modérée de la maladie, surtout lorsque l’atteinte est située dans le côlon ou la partie terminale de l’intestin grêle (iléon), les salicylés seront utilisés.

Le traitement par corticoïdes est utilisé dans les poussées et permet d’obtenir une rémission de plusieurs semaines dans plus de 90 % des cas. L’antibiothérapie est également utilisée car la maladie de Crohn se complique souvent de surinfection bactérienne. Le traitement le plus efficace pour les formes les plus sévères est un immunomodulateur. On utilisera l’anti-TNF alpha lorsque la maladie ne répond pas aux autres traitements.

Une évolution spécifique pour chaque patient.

Comme c’est le cas pour nombre de maladies, les troubles et l’évolution de la maladie de Crohn restent spécifiques à chaque malade. Pour un grand nombre, les poussées inflammatoires restent intermittentes. Le risque de réveil de la maladie est toujours existant. On ne peut jamais parler de guérison complète.

En parler et être entouré.

Si vous êtes diagnostiqués porteurs de la maladie de Crohn, il ne faut pas hésiter à en parler autour de vous. Les témoignages sont importants et il est nécessaire d’être entourés. Le partage permet de se rendre compte que vous n’êtes pas seuls. Vous trouverez auprès des associations un soutien moral et vous aurez la possibilité de poser toutes vos questions. 

Choisir un médecin à l’écoute qui vous conseillera.

Trouvez le bon médecin qui saura vous écouter et vous expliquer ce qui vous arrive.

Votre médecin vous conseillera et il vous dirigera  vers des professionnels qui vous accompagneront. C’est le cas du nutritionniste. Avec lui/elle vous pourrez définir un régime alimentaire spécifique à votre situation et à la fréquence des poussées de la maladie.

Le cas échéant, le médecin vous conseillera de consulter un(e) psychologue ou un(e) psychothérapeute pour vous aider à trouver des stratégies pour vous adapter aux conséquences de la maladie de Crohn.

Rester actif malgré la maladie.

La pratique d’un sport, ne serait-ce que la marche ou du vélo, est positif. A vous de trouver ce qui vous convient pour gérer votre corps, vivre normalement et garder le moral  !

Plus d’information sur les Maladies Inflammatoires Chroniques de l’intestin (MICI)  :

Stéphanie DEVISSCHER
Rédactrice presse/web